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Accueil / Actualité  / Interview du professeur Dautzenberg du 11 mai 2020
professeur bertrand dautzenberg covid-19

Répondant à l’invitation de l’équipe de Oneshot Media pour le premier jour de déconfinement, le professeur Bertrand Dautzenberg est revenu sur notre Chaîne YouTube pour participer au live du lundi 11 mai 2020.
S’il était déjà venu participer à un de nos lives en juillet 2019 pour évoquer un rapport de l’OMS à charge contre le vapotage, ce pneumologue et tabacologue de grande renommée, était la personne idéale pour faire un point sur le COVID-19, la nicotine et la vape, dans le cadre d’une des pires épidémies qui ait touché la population mondiale ces dernières décennies.

La nicotine et le Covid-19

Le premier sujet qui a été abordé avec le professeur Dautzenberg concerne les études publiées selon lesquelles la nicotine permettrait d’éviter de contracter le corona virus.

Sur ce point, le professeur Dautzenberg avoue avoir suivi le sujet de très près, il a d’ailleurs été un des premiers en France à relayer ces études par un tweet. Il explique notamment qu’en Chine, il y avait seulement 12 % des fumeurs parmi les patients hospitalisés du Covid-19 et seulement 7% de fumeurs hospitalisés en réanimation pour des cas graves de l’infection. Le pourcentage sur des études américaines constatait quant à lui seulement 1.36% de fumeurs parmi les personnes hospitalisées. En France une étude montre qu’il y a 5 fois moins de fumeurs parmi les personnes hospitalisées.

“Pour moi c’est une certitude totale et absolue [que la nicotine pourrait être une barrière au Covid-19], alors beaucoup de mes confrères disent que ce n’est pas vrai, que ce n’est pas sur, que ce ne sont pas de bonnes études, mais il n’y a strictement aucune étude qui dit le contraire. Sur l’application Covidom [qui permet le suivi médical des malades atteint du Covid-19], il n’y a quasiment pas de fumeurs, je n’en ai eu que 2 sur une centaine de patients, dont un qui ne présentait pas tous les symptômes du Covid-19. En réanimation, le personnel constate qu’il y a moins de fumeurs qu’habituellement pour ce genre de maladies”.
Le professeur Dautzenberg regrette que les fumeurs n’aient pas été plus tôt pris en compte dans les études, ce qui sera désormais le cas.
Il précise qu’il est important de distinguer action de la nicotine contre le Covid et tabac dans la communication autour de ces études, mais qu’il existe des éléments solides permettant de montrer que la nicotine a une action sur le Covid, notamment au niveau des récepteurs nicotiniques.
Il convient donc, selon lui, de ne pas sevrer les malades, fumeurs ou sous substitut, en nicotine.

Concernant la piste du propylène glycol, envisagée notamment par l’Hôpital Européen de Marseille qui mène une étude sur les effets conjoints de la nicotine et du propylène glycol sur le Covid, Bertrand Dautzenberg reconnait que “c’est un bon antiseptique, mais c’est un piètre médicament. Il est présent partout dans l’alimentation et son action devrait déjà avoir été démontrée au niveau de la population si son principe était efficace”.

La vape et le Covid-19

Le professeur Dautzenberg regrette l’absence de prise en compte de la vape dans les études mettant en lien l’action de la nicotine sur le Covid-19, ce qui va être fait désormais, mais dans une période où le nombre de nouveau cas est en forte baisse.
Sur ce point, il précise “Je m’acharne à avoir toutes les données. On a du mal à avoir des séries de gens sous vape qui ont le Covid. On a essayé de faire une enquête avec SOVAPE et l’AIDUCE, mais les résultats de l’enquête étaient un peu bancals car lancée sur les réseaux sociaux et les réponses fournies notaient des consommations de e-liquides bien supérieures à la moyenne des vapoteurs”.
Sur le sujet, Bertrand Dautzenberg conclut en étant persuadé que les substituts nicotiniques, comme la vape, fonctionnent autant que le tabac fumé dans l’action contre le Covid.

Sur le fait que la vape soit un vecteur plus important de transmission du virus que l’air expiré, Bertrand Dautzenberg est catégorique “C’est du fantasme. Il y a un papier qui dit que techniquement, ce serait possible, mais il n’y a pas le début de l’ombre d’une démonstration qui prouve que cela existe. Les données disponibles montrent que le nuage de vapeur reste près [de la personne qui l’émet] et que si des traces peuvent être trouvées à 1,5 mètre cela ne va pas plus loin.”
Il précise toutefois qu’il convient de nettoyer sa vape et ses mains très régulièrement de façon à ne pas souiller son matériel de vape avec les mains. Mais la gestuelle du vapoteur est beaucoup moins dangereuse que celle du fumeur, car il n’y a pas de contact direct entre les mains et la bouche contrairement à une cigarette.

Plus loin dans l’interview, le professeur explique que selon lui, le prochain combat à mener par la vape devrait consister à permettre aux vapofumeurs de devenir des vapoteurs à part entière.

L’autorisation d’ouverture des boutiques de vape pendant le confinement

Par l’arrêté du ministère des Solidarités et de la Santé, publié le 17 mars 2020, les boutiques de vape étaient considérées comme indispensables à la vie de la Nation face à l’épidémie de Covid-19.

ouverture vape shop

Sur ce point, le professeur explique : “J’ai personnellement énormément milité pour que cela se fasse. J’ai rouspété et ça s’est fait. Pour le médecin que je suis, savoir que la nicotine-tabac et la nicotine-pharma étaient disponibles et pas la vape, ça m’énervait”. Plus loin, il précise être intervenu fortement en ce sens et que selon lui “c’était du bon sens, un oubli, en intervenant j’évitais qu’ils fassent une erreur en oubliant quelqu’un”.
Il reconnait que cette reconnaissance est un point fort pour le futur de la vape qui servira pour l’avenir.

L’OMS et la vape

Lors d’un précédent live, Bertrand Dautzenberg était venu décrypter la position assez négative de l’OMS sur la vape. Notre entretien avec lui a été l’occasion de faire le point sur la vision de l’OMS de la vape.

professeur dautzenberg cigarette électronique

Le professeur réitère les explications fournies à l’époque, selon lui “Le rapport de l’OMS précise qu’il ne faut pas donner la vape aux non fumeurs et cela ne me gène pas. L’OMS dit que l’on ne connaissait pas tout sur les émissions produites par la vape, mais que c’était moins dangereux que le tabac fumé.”
Toutefois il précise que “C’est l’interprétation de la position de l’OMS qui a été excessive, notamment par Bloomberg qui a donné 80 millions de dollars à l’OMS pour descendre la vape. C’est un phénomène à la mode aux Etats-Unis. Si vous faites une étude pour critiquer la vape, vous êtes financé à coup sûr alors que si vous faites une étude pour comparer la vape à la cigarette vous n’avez pas de financements”.
Selon lui, les études américaines sont pour la plupart biaisées car elles comparent la vape à l’air pur alors que le vrai rôle de la vape est de se substituer à la cigarette et qu’il conviendrait de comparer la vape à cette dernière.

Bertrand Dautzenberg très impliqué dans la lutte pour la santé

Désormais retraité, dans la période d’épidémie, le professeur Dautzenberg consulte régulièrement les malades via l’application Doctolib.

Il continue également de travailler avec le RESPADD qui lutte sur les terrains des addictions de toutes sortes.

En outre, il a lancé un site internet montissumasque.com qui explique comment fabriquer soi-même son propre masque selon les normes AFNOR. Cela permettant à la population de disposer de masques de qualité alors que les masques manufacturés ne sont pas forcément accessibles à l’ensemble de la population.
Sur ce point, il précise que, selon lui, le port du masque est indispensable pour éviter la transmission du virus, car il bloque 80% des émissions salivaires. En outre, selon Bertrand Dautzenberg “Si tout le monde met un masque, cela bloque à plus de 90% la transmission. […] Les masques en tissu sont particulièrement efficaces, ils ont été étudiés par le ministère des armées qui a quelques compétences en matière d’infections bactériologiques et ça marche très bien”. Il explique que le sujet est tellement “touchy” sur le plan politique que c’est à la société civile de s’en occuper et qu’à l’heure actuelle, ça marche beaucoup mieux de cette façon.

Enfin, plus directement en rapport avec la vape, le professeur Dautzenberg est également président de la commission de la norme AFNOR sur les e-liquides.


Nous tenons tout particulièrement à remercier le Pr Dautzenberg d’avoir répondu une nouvelle fois à notre invitation.

Dee Garp

Début 2010, j'achetais ma première ecig et depuis je n'ai jamais cessé de m'y interesser. J'aime tout démonter, comprendre, analyser et partager. Aujourd'hui, je vape essentiellement sur des RTA ou des drippers single coil orientés saveur avec un gros penchant pour le materiel de modeurs.

1 Comment
  • Nicolas vapoteur du 57

    Très bon article! Malgré que j’étais présent lundi soir lors de l’interview en live j’ai pris plaisir à lire cet article que je m’empresse de partager.

    13 mai 2020at14 h 47 min Répondre
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